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Avant St Cloud

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La colonie de St Cloud n'a commencé qu'en Octobre 1848.

Mais avant ce jour, il existait déjà les prémices d'un village.

Dans le courant de l'année 1845, un espagnol, Joseph HUERTAS dit CAMPILLO ayant organisé un service de voitures entre ORAN et MOSTAGANEM et avait établi un relais à ce qui allait devenir St Cloud, à cette époque qui se nommait GOUDIEL.

Ce mot signifie prairie, paturage et par extension lieu de passage ou de station pour les bestiaux.

Il est à supposer que les conducteurs de troupeaux allant de Mostaganem à Oran faisaient une halte à cet endroit, à cause du filet d'eau et de là le nom de GOUDIEL donné non pas à ce ruisseau lui-même, comme certains le prétendent, mais au pays.

Joseph Campillo avait donc choisi Goudiel comme lieu de relais.

A cet effet, il fit construire sur le bord de la route un baraquement en planches pour servir d'écurie aux chevaux et de gîte à leur gardien. Cet abris ne lui parut pas suffisant, lorsqu'il eut aperçu, pendant plusieurs nuits de suite, un lion roder aux alentours. Il remplaça ce baraquement par une construction en maçonnerie, espèce de redoute qu'il flanqua de deux échauguettes pour se défendre à la fois contre les fauves et contre les malfaiteurs. Cette construction, moitié militaire, moitié civile, existe encore et n'a même pas subi de modifications bien sensibles. L'une des échauguettes reste, elle est pourvue d'une meurttrière sur chacune de ses faces. L'autre, celle qui se trouve à l'angle de la route de KRISTEL et de la route nationnale a été démolie. Le coté Sud-Ouest du batiment était flanqué d'un abreuvoir qui également a disparu.

Sur la demande de Joseph Campillo, l'autorité militaire lui confia 25 fusils pour en armer ses parents et ses serviteurs en cas d'attaque. Au nombre de ces derniers se trouvait une cinquantaine d'espagnols qu'il employait à faire du charbon de bois. Deux vivent encore et habitent St Cloud: Juan TORRES et Diègo PEREZ. Campillo joignit dès lors à son entreprise de voitures publiques le commerce des combustibles et établit à Goudiel un magasin à l'usage des militaires allant de Mostaganem à Oran et sur la façade duquel il fit mettre comme enseigne "A la ville de Saint Cloud". Cette dénomination, que l'ordonnace royale du 4 Décembre 1846 devait consacrer, est due à une circonstance assez particulière. Joseph Campillo confia le travail de l'enseigne à un peintre espagnol de passage dans la localité. celui-ci avait fait son tour de France et le Saint Cloud voisin de la capitale l'avait tellement impressionné qu'il demanda et obtint l'autorisation de rappeler ce lieu en quelques lettres qui ont aujourd'hui disparu mais qui ont eu un effet auquel il ne songait sans doute pas.

Vers la fin de l'année 1847, le Duc d'AUMALE, gouverneur général de l'Algérie passa à St Cloud en compagnie du Général LAMORICIERE, Joseph Campillo construisit un arc de triomphe en l'honneur de sa visite et le recut à diner. Invité à formuler ses désidératas, l'amphitryon demanda la concession d'un terrain. Il lui promis 200 hectares entre la route et Télamine et 2 hectares au nord de sa construction. Il recut quelques jours plus tard après un titre le mettant en possession du dit terrain. Mais lorsque Saint Cloud recut un détachement, l'autorité militaire le déposséda en majeur partie de la concession qu'il avait obtenue du Duc d'Aumale, on lui donna en échange 100 hectares sur la route d'Arzew, à l'endroit occupé aujourd'hui par la ferme Brière, on lui prit en outre 1 hectare sur le lot attenant à sa construction. La concession ainsi réduite constituait encore un avantage au projet de Joseph Campillo qui avait les moyens de la mettre en valeur. Il fit un noble usage de la faveur dont il avait été l'objet. Il aurait pu par ce moyen édifier une fortune considérable, mais soit qu'il n'ait pas été assez prudent dans ses entreprises, soit surtout désintéressement et même générosité, il a du vendre de son vivant le terrain qui lui avait été concèdé et c'est à peine si à sa mort il a pu laisser sa veuve et ses enfants dans une modeste aisance. Il a du moins, légué à la colonie un héritage plus précieux que les richesses matérielles : le souvenir d'un homme de bien. La majeur partie de ceux qui l'ont connu affirment qu'aux époques de misères, les malheureux le trouvèrent disposé à leur rendre service. Cet homme à l'adresse d'un espagnol prouve que les francais ne font pas de distinction dans le mérite : c'est encore un moyen de pratiquer la vertu. La première construction édifiée à Goudiel est aujourd'hui la proprièté de Michel HUERTAS qui avait rejoint son frère en 1846 et qui, avec les 2 espagnols dont nous avons parlé, est le plus ancien habitant de St Cloud. Dans le courant de l'année 1846, un francais M LAVILLE était également venu à St Cloud dans le but d'y établir une filature de laine. Une chute d'eau lui avait été promise à l'effet de mettre en mouvement les machines nécessairesà son industrie. A lui aussi, on avait parlé de rivière .....Erreur ou mensonge, nous ne savons pas ce qu'il en était. Mr LAVILLE n'ayant pas vu de rivière et dans l'impossibilité de réaliser son projet, fit contre mauvaise fortune bon coeur et résolut de tenter la culture. Il obtint sur le coté du chemin de Kristel et en face de la construction de Campillo, la concession de 25 hectares de terrain. il édifia une baraque dont la construction était à pein achevée à l'arrivée des colons. Ni Campillo, ni Laville n'avaient encore défriché aucun espace de terrain appréciable à l'arrivée du détachement. Tout restait à faire comme travaux de colonisation mais l'on peut dire que la création du village de Saint Cloud date réellement de 1846.

Mis à jour (Samedi, 28 Octobre 2006 20:30)

 
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